Dérives collectives

Posté le 5 février 2019


Deux théories illustrent les dérives individuelles et collectives qui conduisent à une situation de non coopération, pourtant moins favorable collectivement.
 
Le dilemme du prisonnier (Tucker, 1950) - source Wikipedia

Tucker suppose deux prisonniers (complices d'un crime) retenus dans des cellules séparées et qui ne peuvent pas communiquer ; l'autorité pénitentiaire offre à chacun des prisonniers les choix suivants :

  • si un seul des deux prisonniers dénonce l'autre, il est remis en liberté alors que le second obtient la peine maximale (10 ans) ;
  • si les deux se dénoncent entre eux, ils seront condamnés à une peine plus légère (5 ans) ;
  • si les deux refusent de dénoncer, la peine sera minimale (6 mois), faute d'éléments au dossier
 
Le dilemme du prisonnier caractérise une situation où deux joueurs auraient intérêt à coopérer. En l’absence de communication entre les deux joueurs, chacun choisira de trahir l'autre si le jeu n'est joué qu'une fois. La raison est que si l’un coopère et que l'autre trahit, le coopérateur est fortement pénalisé. Pourtant, si les deux joueurs trahissent, le résultat leur est moins favorable que si les deux avaient choisi de coopérer.
 
Appliqué à un groupe - source Sciences étonnante
Un groupe de joueurs s'installent autour d'une table et disposent chacun de 10 jetons. A chaque tour, chacun peut miser ce qu'il veut. La banque double la mise et redistribue à chaque joueur la même part. Ainsi, celui qui n'a pas misé est gagnant. Après plusieurs tours de jeu, on remarque que de moins en moins de participants continuent à miser.
 
Ce type de jeu illustre le fait que, même si collectivement les individus ont intérêt à collaborer, ils réagissent de façon individuelle et arrêtent de coopérer quand la situation leur parait injuste.
 
Pour en savoir plus sur ces deux théories, voir la vidéo de Science étonnante : https://youtu.be/StRqGx9ri2I.
 
Conclusion
Dans le cadre d'un projet collaboratif, il faut savoir identifier les dérives et réagir immédiatement en faisant la promotion de la collaboration et en continuant à valoriser les contributeurs. Le principe fonctionne dans les deux sens : cercle vertueux ou cercle vicieux. Il faut parfois réinjecter de l'énergie positive pour repartir dans la bonne direction !